Presse
Mariage de Paul-Léon Cheyrouze et Marthe
3 avril 1894
Le compte rendu paru dans La Semaine des Familles.
Nous avons assisté la semaine dernière à un beau mariage.
Un grand nombre d'ecclésiastiques, de dignitaires des frères des écoles, de membres de l'aristocratie tels que M. le marquis de Ségur, de notables industriels comme M. Warée, se trouvaient mêlés à une foule d'employés de commerce endimanchés et joyeux.
Celui qui avait attiré à Saint-Sulpice un public si choisi et si varié n'est pas un gentilhomme. Au temps jadis, il eût conquis un écusson, car il serait volontiers parti pour la croisade. Son esprit chevaleresque l'a du reste menéjadis en Afrique, et il a été l'un des pionniers de la belle œuvre du cardinal Lavigerie.
À son retour d'Algérie, Paul Cheyrouze, qui eût pu gagner de gros sous, a préféré continuer de travailler au bien des âmes. Il a été l'auxiliaire de toutes nos œuvres d'employés. Nos syndicats, notre placement, nos restaurants, tout cela a pris vie et tournure du jour où Cheyrouze s'en est occupé. En deux ans, notre brave compagnon d'œuvres a mérité l'estime et l'affection de tous, et tous ont été enchantés de l'occasion de son mariage pour lui en témoigner leur reconnaissance ; car il a eu beau se mettre toujours au dernier rang, ses actes ont parlé plus haut que sa modestie, et ils l'ont fait classer parmi nos hommes d'action des plus précieux.
Dans quelques jours M. Cheyrouze nous reviendra. Il appartient à ce grand mouvement social qui, depuis environ dix ans, se propage en France pour le plus grand bien du pays. Cette action groupe les penseurs, les laborieux, les hommes de progrès. Elle regarde l'avenir avec confiance, elle travaille à une évolution pacifique mais pleine d'énergie, et elle arrivera aux améliorations des classes déshéritées plus sûrement et plus vite que ses deux niveaux, le socialisme et l'anarchie.