CheyrouzeFamily Office
← Archives de famille

Étude

La Baronnie de Trizac et de Cheyrouse

1305 et suivantes

La seigneurie appartenait dans le principe aux comtours de Saignes. Le texte suit la terre de main en main, de 1305 au XVIIe siècle.

La seigneurie de Trizac et de Cheyrouse appartenait dans le principe aux comtours de Saignes. Une sentence arbitrale de 1305 mentionne les possessions des comtours dans cette région et décrit notamment Cheyrouse en ces termes :

La maison de Cheroze avec la grande, l'estang et le moulin joignant ensemble. La dite maison et la grande sont contre le fossé et commence le dict fossé à l'estang et environne la maison et grande et d'icelles retourne au moulin.

Cette seigneurie passa de la Maison de Saignes à celle de Peyre par le mariage, en date du 31 janvier 1432, d'Isabeau de Saignes, fille de Pierre, dernier comtour de ce nom, avec Astorg de Peyre, dont les descendants la vendirent au siècle suivant à Béringon Chalvet de Salers, fils de Géraud Chalvet ou de Chalvet et de Catherine de Sédières. Ce dernier qui avait acquis en 1540 de Loys de Lestranges la terre de Ferluc, paroisse de Drugeac, s'en qualifiait seigneur dès 1546, ainsi que de Trizac et de Cheyrouse. Béringon de Chalvet, veuf en premières noces d'Anne de Chabanier, épousa en secondes noces François Lizet, sœur du premier président Lizet et mourut le 12 avril 1561, laissant du premier lit un fils Jehean de Chalvet, qui fut président des États de Montferrand, et du second lit, outre trois filles, un fils appelé François, baron de Ferluc, Cheyrouse, Trizac, Salins et Jarriges, marié le 16 janvier 1545 à Isabeau de Cey, fille de feu Loys de Cey, vivant citoyen de Florence, grand gonfalonnier, bourgeois de Lyon, et d'Ennemonde Girault.

Le 4 janvier 1556, il vendit à François Vigier - son beau-frère - et à Durand Vigier, aumônier du roi, la maison noble de Jarriges, près Salers, qui du reste ne tarda pas à rentrer de nouveau dans sa famille.

Leur fille unique, François de Chalvet, dame de Trizac et de Cheyrouse, épousa à Lyon, le 12 février 1576, Jacques Faye, seigneur d'Espesses, président au Parlement de Paris et ambassadeur en Hollande ; elle lui apporta en dot ces deux terres avec cinq cent mille livres de rentes et resta veuve en 1590. Après la mort de son mari, François de Chalvet s'occupa de l'administration de ses terres d'Auvergne.

Non contente de faire procéder en vertu de Lettres Royaux, du 6 octobre 1604, au renouvellement du terrier de la baronnie de Trizac et de Cheyrouse, elle se rendit sur les lieux et signa de sa main plusieurs actes importants, annexés audit terrier et notamment : 1° le procès-verbal du 8 août 1607, établissant la consistance de son domaine patrimonial et de ses droits seigneuriaux et 2* la transaction du 16 du même mois avec les habitants, que nous analyserons plus loin.

Le terrier débute par une série de reconnaissance avec ladite dame de la part de ses tenanciers et emphytéotes du bourg de Trizac et de dix-sept villages de cette paroisse ou des paroisses voisines : Auzers, Chastel-Marlhac et Menet, savoir : Vrauzans, Olgeac, Cheyrouse, Lasdoux, Pérignac, Vialard, Le Cher, La Serre, Ventalon, Broc, Aldy, La Brohas (Leybros), Milhanges, Billièyres, Saigne-Monteil, La Besseyre et La Vergne. Toutes ces reconnaissances sont pour la plupart revêtues de la signature d'Annet Vendogre, notaire royal à Saint-Martin-Valmeroux, commis à cet effet par Jehan de Rilhac, bailli du Haut-Auvergne et, à son défaut, par celles des notaires Dumas et Jarriges.

Le procès-verbal dressé le 8 août 1607 par Jean Jarriges, châtelain : François Broquin, procureur fiscal et Beauzire Lascombe, greffier, en présence de François de Chalvet, établit de la manière suivante la consistance des propriétés terriennes de cette dame et de ses droits seigneuriaux, en dehors des cens et rentes portés par les reconnaissances inscrites dans le corps du terrier :

1° Une tour située au lieu de Cheyrouse et un corps de logis au pied, lequel est en ruines, ensemble un étang joignant, un pré appelé Prade de Cheyrouse de vingt œuvres et une terre contiguë de quatre sétérées.

2° Une montagne, appelée Freydefond, contenant huit-vingt (160) têtes d'herbage.

3° Un bois, dit de Freydefont, contenant cent cinquante sétérées, contigu au bois de Marlhou.

4° Un four avec fournil, situé au bourg de Trizac, confinant de jour avec la maison des hoirs de Christophe Vayssier, de nuit avec la place publique, de bise avec la maison commune, lequel four est bandier et en cette qualité affermé au plus offrant. Le fermier en 1607 était Claude Robert, il payait une redevance de vingt-cinq setiers de seigle.

5° Deux ayrials ou masures de moulins, appelés de La Collange sur le ruisseau de Civières : lesquels moulins sont bandiers ; mais tombés en ruines depuis plus de trente ans.

6° Le droit de leyde pour toutes les marchandises qui se débitent à Trizac les jours de foires et autres, également affermés. Pierre Arnal en était alors fermier pour le prix de dix livres. Au bourg de Trizac se tiennent six foires : 1° le lendemain de la Toussaint (2 novembre) ; 2° le jeudi de la Mi-Carême. 3° le lendemain de la St-Bauzire (19 mai). 4° le lendemain de la St-Martial (1er juillet) ; 5° le jour de la St-Berthélemy (24 août) et 6° le lendemain de la Saint-Ferréol (19 septembre).

7° Le droit de dîme ou de redevance sur les communaux de la baronnie d'une contenance d'environ cinq cents sétérées appelés : Peyre Ronde, Les Gourtz, Pré Murat, La Croix Longue, Soustelgat, Les Saignes Redonnet, Soleil Gail, Rouaze, Le Rif d'Engallier et Del Fernal, qui avaient fait l'objet d'un long procès, alors pendant devant les Requêtes du Palais et qu'une transaction du 16 septembre 1607, dont nous avons déjà parlé, termina à l'amiable dans les conditions suivantes : le seigneur recevrait, pour les communaux défrichés, une gerbe sur quarante ; pour la partie laissée en paccage, il lui serait dû par jument ou cheval non ferré, 12 deniers ; par poulain, 6 deniers ; par bête bovine, 8 deniers ; par mouton ou brebis, 1 denier ; par bourret ou bourette, 4 derniers ; par toisons 1 tous les dix ou une demie toutes les cinq ; le collier d'une pour trois.

8° Le droit de créer dans toute la baronnie le nombre de notaires et de sergents que le seigneur jugera nécessaires.

Françoise de Chalvet laissa de son mariage avec Jacques d'Espesses trois enfants, dont un fils, Charles, baron de Trizac et de Cheyrouse, conseiller au Parlement de Paris en 1611, maître des Requêtes en 1618, introducteur des ambassadeurs en 1620, ambassadeur lui-même en Hollande en 1624, conseiller d'État en 1631. Il épousa le 12 août 1617 Charlotte du Fourey, dont il eut cinq fils et quatre filles :

1° Henri, qui suit.

2. Louis, abbé de Saint-Pierre de Vienne.

3° François, sieur de Saliens (Salins).

4° Jacques, sieur de Messac.

5° Louis, chevalier de Malte.

6° Anne, religieuse.

7° Claude, mariée par contrat du 26 octobre 1645, avec Philippe Andrault, comte de Longeron, bailli du Nivernais.

8° Madeleine-Bonne, mariée à Arnoul Garnier, comte de Charlieu, lieutenant de la Vennerie du duc d'Orléans.

9° Françoise-Henriette.

Henri Faye d'Espesses, baron de Trizac et de Cheyrouse, seigneur de Salins, Fréluc, Jarriges, etc. conseiller au Parlement de Rouen, fit le 5 avril 1684 sa nommée au Roi pour Trizac et Cheyrouse.

Aux propriétés rurales déjà mentionnées dans le procès-verbal du 8 août 1607, son père ou lui-même en avaient ajouté d'autres énumérées dans ce dénombrement, notamment le domaine de Trizac, dit de Palat, avec la montagne de Mariol, et six prés appelés : de Palat, Coffinion, de Valens, del Mouly, de La Feysonne et del Veyre. Il déclare en outre que dans le bourg de Trizac, où il possède la haute, moyenne et basse justice, il fait jeter les fondations d'un château.

Henri Faye d'Espesses, par acte passé à Paris en 1685, fit donation des terres de Trizac, Cheyrouse et Jarriges à son niveau François-Andrault de Langeron, fils de sa sœur, prieur de Saint-Pierre de Vienne, lecteur ordinaire des ducs de Bourgogne et d'Anjou, et mourut à Saint-Flour, le dernier de son nom, le 20 octobre 1687. Son corps fut porté à Trizac et enseveli dans le chœur de l'église le 22 du même mois, en présence de Jacques Broquin, son châtelain et de François Béal, son procureur.

L'abbé de Langeron ne resta pas longtemps propriétaire de Trizac. Il vendit cette seigneurie, avant 1705, à Henri de Chabannes, marquis de Curton, baron de Madic et de Saint-Angeau.

Celui-ci la rétrocéda le 2 juin 1720, ainsi que le domaine de Billières, devant Bouron, notaire à Paris, moyennant le prix de cent quatre vingt-quinze mille livres à son cousin Gilbert-Gaspard de Cabanes, comte de Pionsat, devenu marquis d'Apechon le 25 avril 1708, par son mariage avec Philiberte d'Apchon.

Par acte passé à Aurillac, le 1er novembre 17637, Gilbert-Gaspard de Chabannes afferma pour quatre ans, au prix annuel de 600 livres, le four, la halle, couverte et péage d'Apchon en même temps que le péage de Trizac et les droits de pacagement des bestiaux sur les communaux.

Sétérée : Nom, dans quelques provinces, d'une mesure agraire équivalant à une étendue qui se sème avec un setier de blé.

Bandier : four banal.

Droit de leyde : Droit seigneurial perçu sur les marchandises apportées dans les foires et marchés en considération de l'obligation qui incombait aux seigneurs de tenir en bon état les endroits où avaient lieu les foires et marchés et de fournir les poids et mesures nécessaires.